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Le 23 novembre 2016 L’INRS a convie à l’Assemblée nationale

La CAVAM a répondu et a assisté à la journée de réflexion sur le thème « Travailler en bonne santé en 2040 » ?

Malgré la perspective lointaine portée à 25 années, cette journée qui s'est appuyée sur la synthèse du groupe d'étude qui a réuni en partenariat avec l’INRS : l’Anact – l’Anses – Aravis – Aract : Auvergne – Rhône Alpes – la Dares -  la Direction des risques professionnels de la Cnamts – France Energie et Futurible, a été à la fois riche en informations, mais aussi très inquiétantes sous certains aspects pour les travailleurs actuels et futurs à plus ou moins long terme, et cela sans attendre 2040 !!

Il convient de souligner l’excellent document fourni par l’INRS, accessible à tous: 
 

 Quelques grandes lignes

Ouverture des travaux, réalisée par la ministre du travail, a été l’occasion pour cette dernière de rappeler que selon elle et son ministère nous avons trois défis à relever dans les années à venir :

  • La multifonction des formes de travail. . .
  • S’adapter à la transformation des risques (santé et obligations. . .)
  • Favoriser l’insertion, afin que les plus fragiles trouvent leur place.  La société doit être protectrice mais doit aussi évoluer pour s’adapte à la nouvelle société. . .

Ensuite madame EL Komri, a donné quelques précisions sur la loi qui porte son nom. ‘C’est une loi d’assurance en droit du travail qui met en place : le compte personnel d’activité et qui lie prévention et pénibilité. . . " les avis sont partagés !

Madame la ministre a rappelé sa conviction et sa volonté dans le calendrier de parution des arrêtés d’applications.  Cette loi s’inscrit dans le PST3 (plan santé travail), qui rappelle que le rapport Homme / Travail doit être suivi de sécurité.

Puis explications sur la nouvelle visite d’embauche, et son articulation : nous avons  commentée dans un article du 17 novembre dernier « travaux pratiques, c'est pour maintenant. . . », cette "nouveauté". Laquelle selon nous, est une entorse supplémentaire à l'encontre de la médecine du travail et à l'intérêt des salariés.

La ministre dit aussi :

  •  Qu-il faut renforcer la médecine du travail (ce n’est pas notre impression) dans sa démarche : emploi – reclassement -inaptitude
  • avoir une vision positive du travail, mais qui engendre : protection – anticipation – prévention . . .

Les travaux de la journée ont été organisés autour 5 thèmes :

  1. Que produira la France demain ?
  2. Triomphe du logiciel: automatisation et robotisation
  3. Le retour au local comme outil de développement,
  4. Vers la multiplication des formes de travail,
  5. Quelle évolution de la prescription et des rythmes de travail

1. Que produire la France demain ?

Introduction : Deux tendances ont caractérisé la production française depuis la seconde guerre mondiale :

  • La réduction drastique de la population active agricole, dans un contexte de forte augmentation de la production
  • Depuis les années 70, la désindustrialisation qui s’est encore accélérée depuis la crise financière, la production industrielle se concentrant dans les pays à bas coûts salariaux et réglementations du travail et environnementales moins strictes que dans les pays européens. Est-ce que l’on se dirige vers une tertiarisation inéluctable ?

Le constat ; le secteur des services, le tertiaire, représente aujourd’hui 78% de l’emploi (secteurs marchands et n/marchands). Ce secteur ne cesse de se développer, et quand il ne crée pas d’emploi, le chômage progresse puisque dans le même temps l’agriculture et l’industrie régressent. Il serait faux d’attribuer ce poids uniquement à la réduction d’activité des deux autres secteurs. Cependant, on considère comme services des activités qui, autrefois étaient comptées comme production industrielle (travailleurs intérimaires employés dans l’industrie). En d’autres termes, on assiste à une « servicialisation » de la production et même de la société

Quelques remarques de l’intervenant :

  • Fin d’une centralisation du travail : chômage de masse et sélectivité – exclusivité – exclusion
  • Mondialisation qui entraîne une balance destruction / création ?
  • Qualification qui conduit, à l’emploi obsessionnel en Europe, avec des bizarreries tel que la récente loi travail. . .
  • Le travail doit rester un facteur de liens sociaux : on note de nombreux ratés (sous-traitance par exemple – précarité
  • Le contrat de travail doit rester moral et social
  • La santé sociale négligée est un danger pour la société, elle est tributaire de la perte d’identité au travail (intérimaire – sous-traitance. . .)
  • Quid de l’arbitrage machine, l’intelligence artificielle et l’homme

 

 

2. Automatisation et robotisation

Introduction : qu'il s'agisse d'un robot dans l'industrie ou d'un automate dans une agence bancaire, le logiciel est omniprésent dans tous les domaines de la production. Les notions de robotisation industrielle et de d'automatisation servicielle, pourraient être remplacés par une notion de "logicialisation"

Robotisation et automatisation pourraient être les enjeux majeurs, concernant les évolutions de la production dans les 25 années à venir. Des secteurs tels que l’agriculture, le bâtiment, les services offrent des perspectives de développement considérables. Mais au-delà de l’enjeu technique c’est bien la question de l’emploi qui est en jeu ! Deux écoles sont en débat :

  • D’une part ceux qui pensent que les effets de l’automatisation sur le travail resteront marginaux, et que d’autres emplois viendront en substitution de ceux qui disparaîtrons, comme cela a été le cas depuis le début de la révolution industrielle,
  • D’autre part, ceux qui font l’hypothèse que le changement est d’une autre nature et que les conséquences seront beaucoup plus lourdes en termes d’emploi

La révolution informatique a déjà produit ses effets. La création de certains services spécialisés n’a pas compensé toutes les suppressions collatérales .

Quelques remarques de l’intervenant :

  • La robotisation et la mécanisation est source de disparition d’emplois., il s’agit d’un processus lent, réduction du nombre d’emplois à plusieurs vitesses.
  • Allègement de la pénibilité, encouragement à la création (?), mais source de stress et de fatigue
  • Facteur d’isolement, le CDI s’effrite au profit des contrats courts, et du temps partiel
  • Difficulté de protection

Quel maintien de la sécurité et de la santé au travail ? la question de l’organisation de la santé est aujourd’hui malmenée. Elle va se poser avec encore plus de vigueur dans les années à venir.

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Tag(s) : #santé au travail

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