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PRECISIONS

COMMUNIQUE DU COLLECTIF ETERNIT/FRANCE

 

 

DOSSIER PENAL ETERNIT

 

En Octobre 1996 quelques anciens salariés de la Société ETERNIT THIANT, malades de l'amiante déposaient plainte accompagnés par le CAPER THIANT auprès du Procureur de la République de Valenciennes.

Depuis cette date de très nombreux malades les ont rejoints.

Après 21 ans d'investigations, d'interrogatoires de centaines de personnes, de perquisitions dans les locaux de la Société, de nombreuses audiences, d'expertises des malades en grand nombre, les Juges d'Instruction chargés désormais au Pôle de Santé Publique à Paris de ce dossier viennent de décider qu'il n'était pas nécessaire de continuer les poursuites dans la mesure où on ne pourra jamais déterminé les personnes responsables, la date à laquelle les maladies ont été contactées est inconnue.

Autrement dit, ce que tout le monde sait depuis les années cinquante, à savoir qu'il y a un délai de latence important dans les maladies de l'amiante et que les travailleurs exposés à ce matériau toxique tombent malades 20 - 30 et même parfois 40 ans après l'exposition serait un obstacle à la recherche des responsables de cette catastrophe. Dans la mesure où l'intoxication n'a pas de date certaines personnes ne pourraient en être tenus pour responsable.

 

La plus grande catastrophe sanitaire française qui fait encore près de 3 000 morts par an, c'est à dire 20 ans après son interdiction serait le fait d'une malchance que personne n'aurait pu prévoir et donc prévenir.

Tout cela est évidemment faux.

Des industriels de l'amiante comme ETERNIT savait précisément quel était le danger que représentait ce matériau pour la santé et pour la vie des personnes exposées et tablant sur la date d'apparition des maladies ils n'ont pas pris les mesures nécessaires pour protéger leurs salariés.

 

La Société ETERNIT qui est un des leaders mondiaux de l'amiante savait parfaitement ce qu'il en était et pourtant ils n'ont pas respecté la réglementation. L'instruction a permis de le prouver comme les salariés l'avaient  indiqué dès le début de cette affaire en 1996.

Les fautes sont établies comme d'ailleurs le prouvent les très nombreuses décisions de faute inexcusable prononcées par les tribunaux et confirmées par la Cour de Cassation.

 

C'est donc uniquement parce qu'on ne peut pas dater le jour exact de la contamination qu'on ne peut savoir quelle personne physique doit en répondre. Des fautes ont bien été commises provoquant la maladie et la mort de centaines de victimes et aucun individu ne peut être jugé comme l'ayant commise puisque au cours de l'exposition de la victime plusieurs responsables se sont succédés.

C'est ce qu'on appelle un raisonnement spécieux.

Tous les responsables en fonction ont contribué à la maladie et à la mort.

  

Après avoir considéré qu'aucun responsable public n'était responsable, qu'aucun membre du Comité Permanent Amiante, organisme de lobbying mis en place par les industriels pour protéger leurs profits, n'était pas non plus responsable, les anciens salariés étaient légitiment en droit d'attendre qu'après tant d'années de travail de la Justice les dirigeants d'ETERNIT doivent répondre de leurs actes devant le Tribunal Correctionnel.

Si nous ne nous mobilisons pas il n'en sera rien.

A la catastrophe sanitaire s'ajoute le naufrage judiciaire.

 

Tag(s) : #Justice pénale

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