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Le Projet de tout faire passer "aux oubliettes" fait son œuvre, les ressentis se multiplient. En même temps que nous communiquions notre colère dès l'annonce du Parquet de Paris, beaucoup vont dans notre sens. . .

PROCES PÉNAL DE L’AMIANTE

PLUSIEURS NON LIEU EN PERSPECTIVE POUR LES CRIMES INDUSTRIELS BIEN VOIR D’OÙ VIENT LE MAL

 

La proposition du parquet l’instance représentative de l’état dans le système  judiciaire  Français) d’arrêter l'instruction de plusieurs enquêtes pénales concernant l’amiante, lui est dictée par le pouvoir politique, tout à l’écoute des exigences du MEDEF dont certains de ses membres sont directement « mouillés » dans l’affaire de l’amiante 

Que cette proposition lamentable, soit faite quelques semaines seulement après l’élection d’E. MACRON et la nomination d’une nouvelle garde des sceaux, en dit long sur la nature de ses intentions et celles de son gouvernement. 

L’enfumage pour présenter l’inacceptable, n’a pas de prise sur ceux qui savent depuis longtemps pourquoi « l’affaire de l’amiante » traine tant en longueur. 

Dès la première plainte déposée, il y a maintenant plus de 20 ans, des groupes de pressions se trouvant dans la sphère politique et patronale ont agi pour mettre à l’abri de poursuites judiciaires ceux qui avaient un pouvoir décisionnel afin de mettre un terme à l’empoisonnement et au décès de milliers de personnes. Mais ils n’ont absolument rien fait. 

Pourquoi, ne l’ont il pas fait? Pour ne pas entraver le « business » juteux de l’importation, de la transformation et de l’utilisation de l’amiante dans tous les domaines de l’activité économique française, durant des décennies. 

Le constat est accablant. Pendant que les uns, bien à l’abri dans leurs directoires s’enrichissaient, les autres, au contact des fibres tueuses, s’empoisonnaient et en mourraient ! 

Voilà ce que les politiques, adeptes de l’économie de marché flanqués patronat veulent à tout prix éviter de dénoncer publiquement à travers ce procès pénal de l’amiante, qui aurait le mérite de poser également l’enjeu des conditions de travail des salariés confrontés aux cancérogènes de tous ordres, bien présents sur les lieux de travail! 

Dans un monde capitaliste où la règle d’or est la libre concurrence et le dumping social, rien ne doit entraver la rentabilité financière des capitaux, quitte à fermer pudiquement les yeux sur tous les CMR (Cancérogènes, Mutagènes, Repro-toxiques) qui  sont employés, sans grandes précautions, à longueur de journée. 

Et ce sont les mêmes qui demain auront encore le toupet de dire « Ah mais nous ne savions pas ! »: 

Ainsi donc, refuser que les responsables du crime industriel de l’amiante rendent des comptes à la justice et à leurs victimes, c’est du même coup refuser de tirer les leçons de ce scandale sanitaire pour ne rien changer dans les règles et méthodes d’exploitation des travailleurs. 

De ce point de vue, comment ne pas voir qu’il y a un lien étroit entre cette volonté de prononcer un non lieu à l’encontre d’employeurs empoisonneurs et celle du gouvernement d’en finir avec le code du travail. 

Les deux procèdent de la même démarche : Rendre le patronat intouchable et le libérer de toutes contraintes qui pourraient nuire aux bénéfices et aux dividendes des actionnaires. 

L’affaire n’est pas close, et chacun est aujourd’hui placé devant ses responsabilités. 

Qu’elle le veuille ou non, l’instance judiciaire qui emprunterait ce chemin délivrerait au MEDEF « un permis de tuer » et porterait une lourde responsabilité devant l’histoire.

 

Jean HERQUIN                                                 Gérard LOJEWSKI

Membre du bureau de la CAVAM(1)                          Président de l’ASAVA(2)

 

  1. Coordination des Associations de Victimes de l’Amiante et des Maladies professionnelles
  2. Association des Salariés de l’Arsenal de Toulon Victimes de l’Amiante

 TOULON le, 01/07/2017

CGT - DRAME DE L’AMIANTE

 

L’injustice sans fin...

Les médias relayent, depuis ce matin, la demande du Parquet de Paris de mettre fin aux investigations dans plusieurs enquêtes pénales concernant le scandale de l’amiante, en France, mais cette affaire va bien au-delà de cette fibre tueuse.
       Les juges du parquet considèrent qu’il est impossible de déterminer avec certitude quand les victimes ont été intoxiquées. Cette décision permet d’ouvrir une voie royale à des non-lieux dans de nombreux dossiers emblématiques en cours.
       Plus de 20 années d’instructions, d’atermoiements, d’entraves, de mobilisations pour une ultime humiliation lancée à la face des milliers de victimes et de leur famille une infamie !
       La réalité du travail ouvrier est-elle si éloignée de l’univers de ces gens-là ?
       Est-il juste que les travailleurs perdent leur vie à la gagner, dans un pays où les inégalités d’espérance de vie sont les plus grandes ?
       Cette décision inique, si elle est confirmée, participe de la banalisation du mauvais traitement des salariés et valide qu’aucun responsable exposant en toute connaissance de causes des travailleurs à des produits CMR ne peut être poursuivi pénalement uniquement par l’imprécision de la date de contamination, même si le lien de causalité est établi. C’est une impunité générale accordée aux industriels : un permis de tuer !
       Aujourd’hui, plus de 2 millions de salariés sont exposés à ces produits.
       Cette conclusion du parquet serait en totale opposition avec des années de discours d’incitation à la prévention.
       Le nouveau gouvernement ne peut pas rester silencieux devant tant d’injustice et de tels enjeux. Ministre du Travail, ministre de la Santé et Premier ministre doivent s’exprimer pour rendre leur dignité aux victimes et à leurs familles et sécuriser la santé des salariés.
       La valeur travail, le travail libéré, ce sont, avant tout, respecter celles et ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour l’accomplir mais pas au péril de leur vie.

Montreuil, le 28 juin 2017

Tag(s) : #Justice pénale

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