Julien Guillard voulait faire reconnaître la responsabilité de ses employeurs dans son cancer, apparu il y a dix ans, alors qu'il avait été exposé dans son travail aux pesticides et aux gaz d'échappement.
Les Faits
Le tribunal judiciaire de Nantes l'a débouté de sa demande. L'ancien ouvrier va faire appel. Depuis huit ans, il se bat pour faire reconnaître la responsabilité de ses ex patrons dans son cancer.
Julien Guillard a engagé une procédure pour "faute inexcusable" contre deux de ses anciens employeurs, un paysagiste et un transporteur.
Mais le tribunal judiciaire de Nantes I ‘a débouté de sa demande. Julien Guillard, qui vit à Saint-Herblain, dans la métropole nantaise, découvre il y a 10 ans qu'il est atteint d'un cancer, un lymphome non hodgkinien.
ll a 32 ans. Ancien ouvrier agricole, il a utilisé pendant environ dix ans des produits phytosanitaires dans son travail. ll a aussi été soumis aux fumées des gaz d'échappement quand il travaillait dans le transport.
Deux ans plus tard, en 2017, son cancer est reconnu comme maladie professionnelle.
Le Recours
Julien Guillard décide alors de se lancer dans une nouvelle procédure, pour faire condamner ses anciens patrons. lls savaient forcément à l'époque, selon lui, que les pesticides et les gaz d'échappement étaient dangereux pour la santé. "Les produits chimiques avec des têtes de mort sur les bidons, ça devrait logiquement interpeller un petit peu", explique-t-il.
Autre faute imputable à ses employeurs, selon Julien Guillard : il ne travaillait pas toujours avec un équipement de protection. Et I ‘ancien ouvrier, aujourd'hui syndiqué à la CGT, de rappeler : "lls doivent Ia sécurité et Ia santé à leurs salariés"
Le Tribunal de Nantes, ne l'entend pas ainsi
/image%2F1006947%2F20251003%2Fob_2a3608_justice.jpg)
Dans son jugement, le tribunal de Nantes estime, lui, qu'on ne peut pas imputer de faute aux employeurs, étant donné que le lymphome non hodgkinien, dont souffre Julien Guillard, est un cancer apparu dans le tableau des maladies professionnelles en 2015.
Donc après I’ exposition de l'ouvrier aux pesticides et gaz d'échappement. Les deux employeurs pouvaient donc ignorer la dangerosité de ces produits.
Monsieur Guillard, aujourd'hui en rémission, va faire appel'. "C'était vraiment un coup dur à accepter parce qu’après deux reconnaissances en maladie professionnelle, je pensais qu'on tenait le bon bout. Mais non, il va falloir encore faire appel et continuer de se battre pour faire reconnaître cette faute inexcusable.
L'ancien ouvrier agricole va faire appel
Après huit ans de procédure, Julien Guillard repart donc au combat. "Au départ, je te fais pour moi, pour mes enfants, pour ma famille mais je le fais aussi pour donner aux autres I ‘envie de se défendre. C'est difficile de reconnaître que c'est le boulot qui vous a fait mal, que le cancer qui a failli vous emporter est dû à votre travail. Vous vous sentez un peu coupable mais vous n'êtes pas coupable. On ne va pas ou travail pour mourir ou pour attraper un cancer", poursuit-il
La CAVAM en soutien
/image%2F1006947%2F20251003%2Fob_c7bb1c_cavam.png)
Mise au courant de cette situation déplorable, le bureau national de la coordination nationale a souhaité à l’unanimité apporter son soutien à la victime. Monsieur Julien Guillard a le soutien de l'association Phyto-Victimes et du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de I ‘ouest,
La Cavam va se joindre à l’association Phyto-Victimes pour apporter son soutien à cette nouvelle injustice dans le labyrinthe de la reconnaissance des maladies professionnelles, et plus particulièrement dans le cadre de la poly exposition
Remarques
La CAVAM justifie le libellé de son logo ; coordination des associations de défense des victimes de l’amiante et des maladies dues au travail
La comparaison entre les problématiques de l’amiante et des pesticides fait maintenant partie du quotidien.
Ce n’est pas la première fois qu’une association de la CAVAM se porte en soutien des victimes d’exposition aux pesticides, ou d’une association de soutien des victimes.
/image%2F1006947%2F20251003%2Fob_923df8_image-3443960-20201123-ob-93cb44-logo.jpg)
En 2021 l'association Allo Amiante et Autres cancérigènes (AAAC), a soutenu l'association "Alerte au Toxiques" condamnée lourdement et injustement, face au CIVB Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux
https://www.amiantemaladieprofessionnelle.com/2021/02/une-association-condamnee.html#comments
https://amiantemaladieprofessionnelle.com
,
/image%2F1006947%2F20241006%2Fob_51ac7b_logo-cavam-2.jpg)
/image%2F1006947%2F20251003%2Fob_52b54f_image-3443960-20201205-ob-19cb26-malad.jpg)
/image%2F1006947%2F20251003%2Fob_4691ea_justice-civile.jpg)