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Les Brèves n° 97

La VIe des Associations et des Régions

Dans ces Brèves de fin d'année nous allons aborder:

- EDF: "l'argument ne tient pas le moins du monde"

- La CAVAM Aquitaine a rencontré le "Pôle Amiante"

- A St Brieuc: 375 ouvriers condamnés à payer ! 

 

"EDF l'argument ne tient pas le moins du monde"

Nouvelle réaction lorsque la parole n'est pas respectée ! (voir aussi les brèves n° 96 bis)

La CAVAM Aquitaine a rencontré le "Pôle Santé"

Une délégation de la CAVAM Aquitaine, a été reçue par le Pôle Amiante Aquitaine (le 3 octobre 2016) Extrait du Compte rendu rédigé par le médecin inspecteur régional du travail de la Direccte

  1. Historique du programme ARDCO, jusqu’au programme actuel ARDCO 4

Rappel: cohorte retraités ou chômeurs du régime général de la sécurité sociale exposés à l'amiante

Poursuite de la campagne de scanner, afin de pouvoir émettre des recommandations en termes de fréquence du scanner dans le suivi post professionnel.

Evaluer les risques d’emphysème (le scanner étant un très bon examen de diagnostic)

  1. Point sur l’état des connaissances dans le domaine de la santé

Lien avec les plaques pleurales : pour un porteur de plaques pleurales

  • Le risque de développer un Mésothéliome est multiplié par 6,8

  • Le risque de développer un cancer broncho-pulmonaire est multiplié par 2,5

  • Il y a des plaques pleurales qui sont stables et d’autres qui évoluent : si une plaque pleurale disparaît, il est possible que ce soit une « fausse plaque pleurale. Une vraie plaque pleurale ne disparaît pas

  • Nécessité de prendre en compte les facteurs nutritionnels qui peuvent générer un risque de cancer du colon

  • Ne pas oublier les risques co-exposition : laines minérales, la silice, ciment et fibres céramiques

  1. Problèmes rencontrés par les associations :

  • La fréquence des EFR, ne rentre pas dans les examens de dépistage (Haute Autorité de la Santé depuis 2010), les associations rappellent l’importance de ces résultats dans l’évaluation du taux d’IPP.

  • Les associations s’interrogent sur le délai de 5 ans entre scanners dans le cadre du SPP et jugent ce délai trop long.

  • Le scanner est l’examen de référence depuis 2010, Des travaux sont en cours concernant l’IRM

Remarque: difficile de nous faire croire encore dans les tribunaux  que les plaques pleurales, ne sont que des marqueurs d'exposition.

A St BRIEUC

375 ouvriers condamnés à payer un total de 11 000 euros pour avoir été exposés à l’amiante

Publié le 15 décembre 2016

Un procès contre l’amiante qui se retourne contre les salariés qui ont osé espérer quelques miettes en guise de dédommagement . La plupart malades suite au contact du minerai, ils étaient 375 à attaquer en justice leur ancien employeur pour le préjudice d’anxiété ; résultat ce sont eux, au bout du compte, qui sont condamnés à payer 30 euros chacun à l’entreprise qui les a tués à petit feu au fil des ans. Cette condamnation montre toute la cruauté d’une justice de classe pour laquelle on peut être victime et coupable, pour laquelle les seuls intérêts qui vaillent sont ceux du patronat La dangerosité de l’amiante pour la santé est connue depuis un siècle.

Sadek Basnacki

Un minerai extrêmement dangereux dont on connaît les dangers depuis longtemps

La dangerosité de l’amiante pour la santé est connue depuis un siècle. Ses effets sont inscrits au tableau des maladies professionnelles depuis 1945. Le préjudice d’anxiété ne vise pas seulement les salariés atteints d’une maladie professionnelle mais tous ceux qui, sachant qu’ils ont été exposés aux risques, vivent dans la peur d’être malades eux aussi. En France, les pouvoirs publics, ont mis du temps à s’attaquer au problème de l’amiante bien qu’il ait été prouvé que c’était extrêmement dangereux pour la santé. Et son utilisation est devenu un scandale public. La fac de Jussieu et la mobilisation du personnel en est le symbole. Cependant, on constate que, souvent, quelques ouvriers décident de relever la tête et d’attaquer en justice leurs anciens employeurs qui ont mis en danger la vie de leurs salariés en toute connaissance de cause.

Ici, ce sont 375 salariés licenciés de l’usine Chaffoteaux à Saint-Brieuc en Bretagne, qui dans un premier temps avaient voulu poursuivre l’entreprise, qui fait aujourd’hui partie de la multinationale italienne Ariston Thermo Group (ATG), un des leaders mondiaux des systèmes de chauffage. Finalement, ils ont renoncé de continuer aux Prud’hommes suite à des décisions de justice en cassation n’allant pas dans leur sens et surtout parce que le délai de prescription a été réduit récemment. La procédure n’avait donc aucune chance d’aboutir

Une politique sournoise d’actionnaires qui cherchent à gagner toujours plus sur la santé des travailleurs

Mais l’histoire ne s’arrête pas là puisque l’usine refuse d’abandonner l’affaire. Chaffoteaux demande même lors d’une audience début octobre à ce que les salariés remboursent chacun 800 € pour les frais de justice.

Finalement le rendu de justice du mardi 13 décembre 2016 baissera le remboursement à environ 30 euros par salarié soit environ 11 000 euros au total. La première chose qui vient en tête des salariés condamnés, c’est que c’est une vengeance. En effet, Chaffoteaux avait été condamné à verser en 2013 et en 2014, 8 000 € à des centaines de salariés qui avaient été exposés pendant des années à l’amiante. Loin d’avoir des remords, l’entreprise assassine essaye de se rembourser sur ses propres victimes. « Ils veulent récupérer de l’argent sur notre dos. Je veux bien croire que les avocats sont bien payés mais pas à ce point-là... », remarque Michel Gloaguen, ancien responsable du personnel de l’usine. Les salariés, dont certains sont aujourd’hui gravement malades, sont « écœurés » surtout que l’usine Chaffoteaux a fermé définitivement ses portes en 2014. « Chaffoteaux a spolié les travailleurs, les a licenciés et continue de faire des bénéfices en vendant les bâtiments. Quelque part, c’est choquant », continue Michel Gloaguen.

En effet, après plusieurs mois de négociation, l’homme d’affaires Alain Nicol vient de signer une promesse de vente avec les Italiens d’ATG, pour acquérir le site de 67.000 m² de surfaces industrielles, implantés sur 20 ha de surfaces foncières. Le montant de la transaction, qui sera effective en mars 2017, tournerait autour de 6 millions d’euros. L’entreprise italienne qui a racheté une société canadienne s’implante sur tous les continents. Le groupe a fait 1,43 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2015 et ils sont prêt à soutirer 11 000 euros à des ouvriers dont ils ont détruit la vie. L’amiante c’est au minimum 35 000 morts entre 1965 et 1995 et quelques dizaines de milliers de décès sont prévus entre 2005 et 2030.

L’amiante a détruit et continuera de détruire des vies, des familles. Le coût de désamiantage coûterai beaucoup au contribuable, selon les politiques de droite comme de gauche. Loin d’être responsables de leurs maladies, les travailleurs n’ont jamais voulu être exposés à l’amiante, mais y ont bien été obligés, par un patronat pour lequel les profits valent plus que nos vies. Maintenant qu’ils ont détruit celles-ci c’est à nous de leur faire payer. Ensemble, nous pouvons faire entendre notre voix. Pour les 375 ouvriers licenciés de l’usine Chaffoteaux à Saint-Brieuc, ce n’est pas fini, ils sont invités à se réunir le 10 janvier pour, notamment, décider s’ils feront appel. On ne peut que partager leur souffrance et leur apporter notre soutien devant cette ignoble décision de justice.

Tag(s) : #La vie des associations
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