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La violence de la pandémie mobilise toutes les forces scientifiques, et  hospitalières du pays depuis plus de deux mois. 

 

 

 Les multiples questions sur le traitement de la crise sanitaire par les pouvoirs publics, les interrogations sur le sens donné "au jour d'après",  sont autant de préoccupations

 Il est évident que les applaudissements aux fenêtres en signe de reconnaissance des personnels soignants ou les vidéos relatant les déficiences rencontrées,  ne suffiront pas!

Un large débat sur l'opportunité de faire reconnaître en maladie professionnelle  les pathologies du coronavirus contractées dans le cadre d'une exposition professionnelle, a été ouvert.

Ce sujet prend toute sa place dans notre action première de défense des victimes du travail. Nous avons affirmé notre position en essayant de démontrer que la juste reconnaissance de cette exposition ne devait pas être un nouveau  facteur discriminatoire.  Mais aussi que la protection des exposés, est un élément crucial de prévention  et de l'obligation de tout employeurs envers son salarié

A la veille de la sortie du confinement chargé d'incertitudes et d'incohérences, il est aussi fondamental de se souvenir qu'il y a eu aussi "un jour d'avant"

Malgré une interdiction de l’amiante datant de plus de vingt ans, beaucoup de mésothéliomes continuent aujourd’hui à être diagnostiqués. Il faut y penser en particulier chez les travailleurs du BTP (mais pas seulement de nombreux secteurs d'activité sont encore des lieux d'exposition à l'amiante) car l’histoire n’est pas finie, alerte Santé publique France dans son dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) entièrement consacré à ce sujet.

Une augmentation sur 10 à 20 ans

Avec 5 625 cas de mésothéliome sur la période 1998-2017, l’amiante fait encore parler d’elle. « À ce jour, on ne peut exclure que l’incidence continuera à augmenter pendant au moins une ou deux décennies dans notre pays », avertissent les épidémiologistes du Programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM) dans le BEH.

D’où l’importance de toutes les actions de prévention auprès des personnes qui ont pu être en contact avec l’amiante interdit à l’usage en 1997. Les actions de prévention doivent se concentrer dans le secteur du BTP, particulièrement auprès des travailleurs exposés où la perception du risque pour certains est encore faible, et surtout en direction des jeunes en formation dans ce secteur.

Des expositions extraprofessionnelles 

Le risque amiante et ses moyens de protection méritent la même attention dans les activités de bricolage, les expositions à proximité de bâtiments vétustes, dégradés, sans oublier les friches industrielles. Il faut aussi prendre en compte les expositions extraprofessionnelles des personnes fréquentant des bâtiments contenant de l’amiante (lieux de travail, écoles…), en particulier en cas de dégradation, ou encore la gestion des déchets amiantés.

À ce titre, la mise en œuvre en 2021 du Dispositif national de surveillance des mésothéliomes (DNSM) intégrant l'actuel PNSM, avec la déclaration obligatoire (DO) sur l’ensemble du territoire permettra d’améliorer le recueil de données. L'objectif est de suivre le maximum de mésothéliomes (plèvre et autres localisations), de mieux connaître les expositions environnementales et de renforcer l’articulation des données épidémiologiques avec les travaux de recherche.

Orienter les patients pour une reconnaissance médico-sociale

Les médecins doivent orienter les patients concernés vers les bonnes structures prévues pour une reconnaissance médico-sociale et des indemnisations. Les auteurs du BEH déplorent un manque de reconnaissance : « Le recours aux dispositifs d’indemnisation est encore insuffisant, avec 27 % des patients relevant du régime général de Sécurité sociale (RGSS) ne faisant aucune démarche et 53 % de ceux hors RGSS n’ayant pas recours au Fiva (fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) ».

Remarques: Nous regrettons la manque de reconnaissance évoqué. Nous tenons à témoigner que malgré les indéniables avancées scientifiques du DNSM (dispositif national de surveillance du mésothéliome) et du PNSM, les reconnaissance des mésothéliomes sont encore l'objet de réticences. Plus particulièrement  lorsqu'il s'agit d'un cas autres que la plèvre: rappel:  plèvres 90 % - Péritoine 10 % - péricarde ou vaginale testiculaire < à 1%.

Nous rappelons que dans le cadre de la réparation la déclaration directe en maladie professionnelle suivie de la faute inexcusable de l'employeur, sont la voie logique et prioritaire de la reconnaissance.

Le rapport met en exergue une prévision  alarmante du nombre de cas  qui pourrait s'étendre sur plusieurs décennies. Cette prévision inclue les contamination professionnelles, mais aussi passives ou environnementales. Le bilan annuel du FIVA fait ressortir des déséquilibres financiers, liés à l'augmentation du nombre de cas et des pathologies lourdes. Il est irrationnel que le fonds supporte ce risque.

Le traitement par le FIVA devrait être réservé aux victimes qui ne peuvent pas se retourner contre un employeur, ou à celles qui se trouvent dans l'impossibilité de le faire  

Le covid-19 ne doit pas &quot;masquer&quot; le reste !
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