Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

 

Dans ces brèves. . .

- Le bureau national de la CAVAM  "descend" dans le Sud-Est

- L'ADDEVA 54 une fin d'année d'action et de témognages. . . 

- Sous- déclarations de Maladies Professionnelles, une explication de plus ?

 

Le bureau national de la CAVAM "descend" dans le Sud-Est

Depuis sa création il y a juste un an, la CAVAM Nationale affiche sa volonté d'un fonctionnement interactif et démocratique. C'est en application de ce principe que, le Conseil Associatif National (CAN) a décidé, le 4 octobre dernier, que des réunions se tiendraient en régions en présence des membres du bureau national.

Cette première a eu lieu le 11 décembre dernier à Nimes. Un rencontre studieuse qui a réuni les associations de l'ASAVA, de CENTAURE et de l'ADEVA Gard Rhodanien chargée en tant que régional de l'étape de l'organisation. 

Animés de la même volonté  les participants, ont partagés l'idée que tous les mauvais coups assénés en direction des victimes de l'amiante, mais aussi des autres victimes du travail, ne devaient pas rester sans réaction.

Pour cela 2018 sera le cadre de rassemblements  régionaux, afin de dissuader les employeurs de reconduire les mêmes pratiques, avec d'autres cancérigènes. C'est le fond du procès pénal qu'attendent les victimes de l'amiante.

 

L'éradication de l'amiante, a pris toute sa place dans cette rencontre intense. Tous sont convaincus de l'impérativité de porter le projet novateur de la CAVAM, afin de dépasser le constat, et l'immobilisme politique. Promouvoir la création d'un Pôle Public de l'Eradicatin de l'Amiante est une priorité "CAVAM"

Enfin la formation, jugée indispensable est restée au cœur des débats. Le renforcement de la cellule formation devrait permettre de répondre aux attentes.

L'expérience de Nimes, terminée par un repas pris en commun dans la bonne humeur, avec la conviction de l'intérêt de ce type de réunion, sera reconduit dans les autres régions: Aquitaine - hauts de France - Isére - Est courant 2018. Une année 2018 qui sera également le cadre de la 1ère assemblée générale de la toute jeune coordination.

 

L'ADDEVA 54 une fin d'année d'action et de témoignages. . .

Amiante à la Cristallerie de Baccarat : Doris témoigne pour son père décédé

Photo HD Evelyne Henry, veuve de Gilbert, sur la photo, avec sa fille Doris et Bernard Leclerc, président d’ADDEVA 54. Photo C.A

Gilbert Henry est décédé le 12 octobre dernier, à l’âge de 59 ans, d’un cancer broncho-pulmonaire reconnu maladie professionnelle provoquée par l’inhalation de poussières d’amiante. Sa fille, Doris, parle en sa mémoire. « Mon père a travaillé 40 ans à la cristallerie de Baccarat, il était tourneur au service moulerie. Son travail consistait à usiner à sec des pièces d’amiante sur un tour, dont la vitesse de rotation était de 600 à 800 tours par minute. Le vent créé par cette vitesse dispersait les poussières d’amiante. Il sciait également toutes sortes de pièces en plaques d’amiante pour en faire des outillages destinés aux verriers. » Tout cela sans protection.

La maladie de Gilbert Henry s’est déclarée en 2015, six mois après son départ en préretraite dans le cadre du plan amiante. « Il a pu être opéré, on lui a retiré un lobe du poumon, il a subi des séances de chimio mais a été victime d’une rechute.

Mon père n’était pas dupe : après avoir respiré tant de poussières d’amiante entre 1974 et le début des années 1990, il se savait menacé. A l’approche des premiers examens, l’angoisse montait chez lui et le début de sa préretraite n’a été que panique. »

Doris Henry veut ainsi témoigner de la réalité du préjudice d’anxiété subi par les employés de la manufacture de Baccarat. « Ils ont tous une épée de Damoclès au-dessus de la tête, comme les Trailor et toutes les personnes qui ont travaillé dans un environnement de poussières d’amiante », remarque Bernard Leclerc. Le président de l’association ADDEVA 54 a dû renforcer son équipe de bénévoles pour accueillir les victimes. L’association monte les dossiers de déclaration de maladie professionnelle, et, en cas de décès, aide les familles à faire reconnaître la faute inexcusable de l’employeur. Depuis sa création, en 2003, elle s’est occupée de plus de 400 malades et a actuellement 90 dossiers en cours d’instruction. Si le préjudice d’anxiété a été définitivement reconnu pour les anciens Trailor, l’ADDEVA 54 se bat aujourd’hui pour les salariés de Baccarat. 290 le revendiquent, dont aussi Evelyne Henry, la veuve de Gilbert, qui a elle-même travaillé à la cristallerie, à la dorure et aux ateliers à chaud pour le contrôle du cristal. « Maman fait maintenant des blocages », dit Doris. « Elle ne veut plus passer aucun examen médical, trop traumatisée par ce qu’elle a vécu avec mon père et la maladie, qui a finalement gagné. » Catherine AMBROSI

Amiante à la Cristallerie de Baccarat : le pour et le contre

Photo HD Me Lafforgue et le président de l’ADDEVA 54 font le point avec les salariés de Baccarat à l’issue du procès. Photo Cédric JACQUOT

Bref résumé des arguments échangés lors du procès de ce jeudi sur la reconnaissance d’un préjudice d’anxiété en faveur des verriers de Baccarat.

L’ampleur du danger: Pour Me Lafforgue, avocat des employés, « il y a eu une utilisation massive d’amiante dans les ateliers à chaud mais aussi à froid de la cristallerie de Baccarat ». Ceux qui ont travaillé là dans les années 70 et 80, en particulier

les verriers, ne pouvaient donc pas échapper aux poussières toxiques. D’autant qu’« une fibre d’amiante reste en suspension dans l’air quatre jours avant de retomber au sol », ajoute Me De Romanet, toujours pour les salariés. « C’était de l’amiante en plaque et pas en vrac », réplique le défenseur de la cristallerie qui soutient, de plus, qu’il s’agissait d’un type d’amiante moins nocif.

 

Les mesures de protection: L’avocat de la cristallerie, Me Penafiel, a mis en avant le lancement d’une campagne de sensibilisation au danger de l’amiante dans l’usine de Baccarat dès la fin des années 70, soit 20 ans avant l’interdiction du produit. L’entreprise aurait donc quasiment fait figure de précurseur dans ce domaine. De l’autre côté de la barre, on réplique avec des documents qui montrent que les salariés n’auraient jamais eu aucune protection.

Le nombre de malades: Quatorze salariés de Baccarat ont déclenché, pour l’instant, des maladies officiellement reconnues comme étant liées leur exposition à l’amiante. C’est peu et cela montrerait que le risque est faible, selon l’avocat de la cristallerie. « Ce n’est qu’un début », répliquent les défenseurs des employés. C. G. 

Amiante : 34 ans chez Trailor à Lunéville et un cancer du poumon

Photo HD Anne-Marie et Michel Jocquel.  Photo C.A

Michel Jocquel a travaillé chez Trailor de 1969 à 2003, à l’atelier des châssis, où il fabriquait les freins. L’amiante y était présent partout. Trailor ayant été reconnue en ACAATA, il avait quitté l’entreprise, aujourd’hui fermée, dans le cadre du plan amiante. Dix ans plus tard, un scanner décèle un cancer du poumon, que la Sécurité sociale a reconnu comme maladie professionnelle en 2015.

 « La vie de mon mari a complètement basculé cette année-là », raconte sa femme, Anne-Marie, avec laquelle Michel Jocquel vit depuis 9 ans. « Une opération d’un méningiome bénin au cerveau lui a enlevé la parole dans la même période. » Un lobe enlevé, de la chimio, l’ancien Trailor a dû abandonner toutes ses activités à la mairie de Virecourt et dans de nombreuses associations. Le couple s’est depuis installé à Lunéville.

« Dans notre malheur, nous avons la chance d’être ensemble », dit Anne-Marie, dont le premier mari, Noël Leclerc, dont elle avait divorcé, travaillait lui aussi chez Trailor. « Il contrôlait les citernes et était donc régulièrement suivi, Il a malgré tout été victime d’un cancer du poumon. Opéré en juin 2016, il est mort le 25 novembre suivant. » « Comment je réagis ? Un peu de colère forcément. Notre vie n’est plus la même. Nous avons heureusement trouvé du soutien à l’ADDEVA. Je le dis aux autres victimes de l’amiante : il ne faut pas avoir peur de pousser sa porte. »

Nancy - Justice Amiante : l’anxiété des verriers de BaccaratPhoto

HD Plus de deux cents salariés de Baccarat se sont rassemblés devant la cour d’appel de Nancy. Tous n’ont pas pu entrer dans la salle d’audience. Photo Cédric JACQUOT

Les salariés de la cristallerie de Baccarat se sont mobilisés en nombre devant la cour d’appel de Nancy où s’est déroulé un procès lié à l’amiante et à la reconnaissance d’un préjudice d’anxiété en leur faveur.

Une marée de chasubles vertes. Avec le logo de l’ADDEVA 54, l’association des victimes de l’amiante, inscrit sur le recto. Et au verso, un slogan limpide : « l’amiante tue ».

Ils sont plus de deux cents, tous directement concernés par cette inscription terrible, à s’être réuni, ce jeudi, devant la cour d’appel de Nancy. Ils viennent de Baccarat et sont des salariés ou d’anciens salariés de la cristallerie.

Ils ont été exposés aux poussières d’amiante dans les années 70 et 80. Ils n’ont pas développé de maladie. Mais cela ne les empêche pas de vivre dans l’angoisse et la peur. Car « la plupart des maladies de l’amiante se déclarent 30 à 40 ans après l’exposition », souligne Bernard Leclerc, le président de l’ADDEVA 54. D’où une action en justice pour faire reconnaître un préjudice d’anxiété au bénéfice des salariés qui trimballent cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes.

Ils sont tellement nombreux qu’ils n’ont pas pu tous entrer, ce jeudi, dans la salle de la chambre sociale de la cour d’appel. Cela en dit long sur l’ampleur du problème et sur la difficulté pour la Justice à y faire face. Tout un symbole. Le président de la chambre sociale a toutefois promis une salle d’audience plus grande la prochaine fois. Car il y aura une prochaine fois.

Indemnité de 15.000 € par salarié/ L’action des verriers de la cristallerie se décompose en effet en trois vagues successives. La première compte 30 salariés. La seconde 150. Et la dernière autour de 120. Toutes ces vagues de demandes d’indemnisations se sont fracassées contre le conseil des Prud’hommes de Nancy qui a refusé de reconnaître le préjudice d’anxiété. Car il a estimé que les désagréments subis par les salariés étaient trop flous, pas assez précis pour être « quantifiés ». Ce que les intéressés contestent. D’où des matchs retour en appel. A commencer, ce jeudi, par celui disputé par la première vague de trente salariés. Seuls ces trente-là ont pu assister à leur procès.

Les autres, venus les soutenir, sont restés à la porte. Ils n’ont pas pu entendre les avocats ferrailler. Ceux de l’association des victimes de l’amiante, Mes François Lafforgue et Cédric De Romanet ont dégainé neuf arrêts de la cour d’appel de Nancy qui reconnaissent le préjudice d’anxiété au bénéfice d’autres salariés d’usines amiantées comme celle de Trailor à Lunéville. « Il est inutile que je plaide alors ! La cour a déjà pris sa décision », ironise le défenseur de la cristallerie, Me Stéphane Penafiel qui contre-attaque toutefois avec une salve d’arrêts de la cour de cassation.

Les magistrats nancéiens trancheront le 16 février. Les trente salariés de la cristallerie réclament 15.000 € par personnes. Leurs collègues de la deuxième vague demanderont la même chose le 18 octobre prochain. Christophe GOBIN

 

Sous-déclarations des Maladies Professionnelles, une explication de plus ?

Des responsabilités multiples:

 des médecins faisant trop rarement le lien entre pathologies et conditions de travail,

-  des employeurs désireux de ne pas voir leurs :-Pcotisations augmenter,

-  des salariés qui craignent pour leur emploi ou ne sont pas pris en compte par le système parce qu'en situation précaire.

Une commission présidée par la Cour des comptes est chargée de l'évaluation de la sous-déclaration de maladies  professionnelles. Elle se réunie tous les trois ans pour évaluer le nombre et le coût de ces sous déclarations et les retombées sur la branche maladie. Lors du dernier rapport de la commission ce coût était estimé dans une fourchette comprises entre; 695 M€ et 1, 3 Md€ . Le coût de la sous- déclaration est selon le rapport, principalement imputable aux cancers professionnels.

Un article du journal Sud Ouest, publié le 30 novembre denier, précise:

En 2017 60% des travailleurs en arrêt maladie pour AT ou MP ne sont pas remplacés. Le surcoût financier et l'incertitude concernant la durée d'absence du salarié seraient les principales explications de ce non-remplacement.

A ces deux facteurs, les contraintes juridiques, liées à la reconduite des CDD, ont été largement évoquées par les 2/3 des employeurs consultés.

Remarque: curieuse façon de lutter pour l'équilibre de la sécurité sociale, au sein de laquelle la branche "maladie" doit compenser ces déficiences, ce qui accentue son propre déficit, et contrecare l'intérêt general

De plus, l'intérêt des salariés concernés, est bien éloigné des préoccupations de certains employeurs, qui continuent bon an mal an en toute impunité, leur fraude envers  la société. Si la fraude à la sécurité sociale des particuliers doit être combattue avec juste raison, comme le soulignent les gouvernements successifs, cet autre aspect doit l'être tout autant

 

 

 

Tag(s) : #La vie des associations
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :